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Les concours des écoles de journalisme

par Ivan Chupin

On ne naît pas journaliste, on le devient. Contrairement à l’idée reçue, pour devenir journaliste par la voie la plus sûre, il faut préparer les concours d’entrée des écoles reconnues. Le journalisme est devenu un métier très sélectif depuis les années 1990, et cette sélectivité a renforcé la place des écoles et de leurs concours.

Là où, au XIXᵉ siècle, on pouvait espérer entrer dans la profession sans le moindre diplôme, les écoles se sont imposées tout au long du XXᵉ comme des acteurs majeurs. Elles forment des journalistes pour la presse la plus généraliste, et certaines bourses ou concours de la profession restent associés à ce cercle de cursus reconnus. Y accéder, c’est donc s’ouvrir des portes qui demeurent fermées à la plupart des autres candidats.

Salle d’examen, rangées de tables individuelles
Salle d’examen, un matin de concours.

En quoi consistent ces concours ?

Chaque école cultive ses spécificités. À l’ESJ de Lille, on insiste volontiers sur la créativité ; au CFJ de Paris, on cherche plutôt la rigueur. Mais un socle d’exigences se retrouve partout. On attend du candidat une solide culture générale, le goût et la maîtrise de l’écriture, une réelle aptitude à rechercher et à hiérarchiser l’information, la pratique des langues étrangères (l’anglais au premier chef), et cette part plus difficile à nommer qu’on appelle la personnalité ou l’originalité.

La plupart des cursus recrutent à bac + 3 et délivrent un master de journalisme. Les IUT font exception : à Lannion et à Cannes, on entre après le baccalauréat, via Parcoursup, pour un BUT en trois ans. L’ancien DUT en deux ans a disparu avec la réforme des IUT. Quant à la plateforme nationale Mon Master, qui centralise depuis 2023 les candidatures en master à l’université, il faut savoir que les cursus reconnus y échappent presque tous : écoles privées, Sciences Po et masters universitaires recrutent en 2026 sur concours propre, à la seule exception du master de Metz, dernier reconnu en date, dont le dossier se dépose sur Mon Master avant les épreuves[1].

Un mot de méthode avant d’entrer dans le détail : les modalités changent d’une session à l’autre. Coefficients, calendrier, nature exacte des épreuves sont révisés régulièrement. Ce qui suit décrit l’esprit durable de chaque concours ; le règlement de l’année, lui, se vérifie toujours sur le site de l’école visée.

Le CFJ

Au CFJ, tout commence par des épreuves de culture générale et d’actualité très sélectives, avec un questionnaire d’actualité redouté, et une vérification de votre capacité à rédiger et à synthétiser des dépêches d’agence. Les admissibles passent ensuite des oraux qui sondent la personnalité, la solidité du projet professionnel, la capacité à défendre des choix liés à l’actualité. Signature de l’école : un reportage à réaliser dans la journée sur un sujet tiré au sort dans Paris, puis à écrire au retour dans l’école.

L’ESJ de Lille

À l’ESJ de Lille, le concours est organisé de longue date en partenariat avec Sciences Po Lille, et fait la part belle à la connaissance de l’actualité française et internationale. L’école cultive deux épreuves emblématiques, le compte rendu de film et l’épreuve de créativité, et se montre plus attentive que d’autres à recruter des profils originaux, dotés d’un style, sans rien céder sur l’orthographe, la grammaire et la conjugaison. À l’oral, des sujets de reportage préparés à l’avance servent à évaluer votre connaissance du terrain et votre aptitude à proposer un angle pertinent.

Sciences Po Paris

À l’école de journalisme de Sciences Po Paris, l’admission repose, comme pour les autres masters de l’IEP, sur un dossier où vous exposez votre parcours, vos expériences et votre projet. L’entretien y pèse lourd, et l’internationalisation de l’école se ressent jusque dans les attentes de la sélection.

L’IPJ

À l’IPJ, rattaché à l’université Paris-Dauphine-PSL, on retrouve le même type d’épreuves (culture générale, actualité, français), auxquelles s’ajoute un synopsis d’article, sorte de projet de papier qu’on pourrait proposer à une rédaction, et qui pèse fortement dans les coefficients. L’oral teste la pratique de la langue, la motivation et la connaissance de l’actualité ; l’école y ajoute traditionnellement des exercices collectifs et de raisonnement.

Le Celsa et le CUEJ

Au Celsa, l’écrit combine questionnaire d’actualité, synthèse de dossiers, épreuve de créativité et anglais ; les admissibles passent un oral de motivation en français et un oral d’anglais. Au CUEJ de Strasbourg, l’admissibilité mêle un article sur un thème de société, une épreuve de connaissance de l’actualité, une épreuve de culture générale et surtout une épreuve d’observation et de reportage qui fait la singularité de ce concours ; suivent deux oraux, motivation et actualité.

L’IJBA

À l’IJBA de Bordeaux, l’entrée se joue d’abord sur dossier : CV et justificatifs d’expériences pré-professionnelles servent de base à la sélection. L’école est de longue date attentive à la diversité des profils qu’elle admet.

Deux constantes valent pour l’ensemble de ces concours. D’une part, une épreuve de langue, l’anglais surtout, y figure presque toujours. D’autre part, chaque inscription a un coût : pour la session 2026, comptez de 70 euros au Celsa ou 75 euros à l’IJBA jusqu’à 290 euros à l’ESJ Lille et 299 euros au CFJ, les concours universitaires restant le plus souvent bien moins onéreux que ceux des écoles privées[2]. Partout, les boursiers paient moins, et souvent rien du tout aux échelons les plus élevés. À quoi s’ajoutent, une fois admis, les frais de scolarité, sans commune mesure d’une école à l’autre.

Comment bien préparer les concours ?

Pour vous familiariser avec les épreuves, il existe quelques manuels, souvent l’œuvre de jeunes journalistes[3]. Ils sont utiles pour défricher, mais ne remplacent pas un entraînement suivi à l’écriture, à la synthèse et aux réflexes professionnels, ni la culture générale que ces concours réclament.

À Prépa Journalisme, nous cherchons à vous hisser au niveau des meilleurs candidats. Nous insistons sur une culture générale adaptée aux épreuves, adossée à des cours de sociologie des médias et d’histoire de la presse assurés par des universitaires spécialistes. Nous travaillons avec vous les habitudes et les techniques d’écriture : au contact de professionnels de la radio et de la presse écrite, vous multipliez les synthèses de dépêches, les papiers et les exercices de créativité qui vous permettront d’aborder sereinement les différents concours. C’est un complément utile aux cursus universitaires et d’IEP, qui misent souvent sur la seule culture générale, que vous choisissiez de travailler à la carte ou de suivre le cycle complet. Le reste, vous le savez déjà : le concours se joue sur la copie.


[1] Plusieurs universités (Celsa, CUEJ, EJCAM, EPJT) regroupent leurs inscriptions sur ConcoursJournalisme.fr, la plateforme de la Conférence des écoles de journalisme ; l’IJBA ou l’école de Grenoble conservent leur propre portail. Le master Journalisme et médias numériques de l’université de Lorraine (Metz), reconnu par la CPNEJ en janvier 2026, recrute lui via monmaster.gouv.fr : examen du dossier, puis épreuves.

[2] Tarifs relevés sur les pages admission des écoles pour les concours 2026 : Celsa 70 euros (30 euros pour les boursiers), IJBA 75 euros (gratuit pour tous les boursiers), CUEJ 99 euros (80 ou 50 euros selon l’échelon de bourse, gratuit aux échelons 5 à 7), IPJ Dauphine-PSL 256 euros (128 ou 64 euros selon l’échelon), ESJ Lille 290 euros (140 ou 75 euros selon l’échelon) et CFJ 299 euros (moitié prix pour les boursiers). Montants susceptibles d’être révisés à chaque session.

[3] Parmi les classiques régulièrement réédités : Anne-Lise Carlo et Yohanna Sultan-R’Ribo, Journaliste : concours d’entrée en école de journalisme, Paris, Sup’Foucher, 2010 ; Philippe Gaudin, Préparer les concours des écoles de journalisme, Paris, PUF, 2010.